mardi 13 octobre 2026
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Interview exclusive avec Jean Sylvanus Ouali: « Quand passeront nos douleurs »

Jean Sylvanus Ouali est écrivain, Coordonnateur de programmes à Semfilms.Auteur de « Quand passeront nos douleurs« .Lauréat du Grand Prix AES, du Grand Prix de la Littérature Jeunesse et du Prix spécial FDCT À l’occasion de son triomphe à la 18ᵉ Foire…

Par Nibarka Média · · 4 min de lecture

Interview exclusive avec Jean Sylvanus Ouali: « Quand passeront nos douleurs »

Jean Sylvanus Ouali est écrivain, Coordonnateur de programmes à Semfilms.
Auteur de « Quand passeront nos douleurs « .
Lauréat du Grand Prix AES, du Grand Prix de la Littérature Jeunesse et du Prix spécial FDCTÀ l’occasion de son triomphe à la 18ᵉ Foire Internationale du Livre de Ouagadougou (FILO), l’écrivain burkinabè Jean Sylvanus Ouali revient sur le parcours de son roman Quand passeront nos douleurs, désormais reconnu dans les milieux littéraires et universitaires.
Dans cet entretien exclusif accordé à Nibarka Média, il parle de son inspiration, de la portée sociale de son écriture et de ses projets à venir.Propos recueillis par ZAK Nibarka Média

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Nibarka Média :Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?Jean Sylvanus Ouali :
Je suis Jean Sylvanus Ouali, écrivain burkinabè et coordonnateur de programmes au sein de Semfilms. Mon travail m’amène à accompagner coordonner des projets et des initiatives artistiques, citoyennes éducatives. À côté de cet engagement, j’ai publié le roman “Quand passeront nos douleurs”, une œuvre qui explore la fragilité humaine, surtout celle de la jeune fille dans un contexte d’insécurité et de résilience collective.

Nibarka Média : Comment se porte votre ouvrage Quand passeront nos douleurs ?Jean Sylvanus Ouali :
Le roman se porte plutôt bien. Il continue de circuler, bénéficie de retours positifs et suscite des échanges très riches lors des séances littéraires. Sa vie ne se limite pas à sa publication ; il ouvre des portes vers des rencontres, des débats, des lectures universitaires et même des travaux de recherche. Pour un premier roman, il évolue avec une force qui m’encourage.

Nibarka Média : Vous venez de remporter trois distinctions à la FILO. Que représentent elles pour vous ?Jean Sylvanus Ouali :
Lors de la clôture de la 18ᵉ FILO, l’œuvre a obtenu trois prix :

  • le Grand Prix AES de l’Intégration,
  • le Grand Prix de la Littérature Jeunesse,
  • le Prix spécial du FDCT.

Recevoir de tels prix à un évènement international, a été une surprise pleine d’émotions. Cette reconnaissance honore l’œuvre, mais elle rend aussi hommage aux réalités vécues par notre pays en amplifiant la voix des enfants, ces victimes silencieuses de la crise sécuritaire. Ces prix littéraires montrent aussi la valeur éducative que “Quand passeront nos douleurs” véhicule. Ces distinctions m’invitent à plus d’exigence, à la fois comme auteur et comme acteur culturel.

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Nibarka Média : Êtes-vous satisfait du chemin déjà parcouru par l’ouvrage ?Jean Sylvanus Ouali :
Oui, j’en suis satisfait, sans perdre le sens de la mesure. Le livre a parcouru un chemin d’estime, il a rencontré des lecteurs, il s’est invité dans des espaces universitaires et maintenant, il est distingué. Mais je garde à l’esprit qu’un livre continue de vivre tant qu’il circule et nourrit les consciences. La satisfaction s’accompagne donc d’un désir d’aller plus loin.

Nibarka Média : Les écrits peuvent-ils contribuer à la paix des cœurs dans notre contexte national ?Jean Sylvanus Ouali :
Absolument. Les mots ne remplacent ni les solutions politiques ni les actions sociales, mais ils offrent un espace de souffle. L’écriture donne du sens, elle nomme nos douleurs, elle les partage, elle aide parfois à se reconnaître dans l’autre. Dans un pays éprouvé, la parole littéraire ne guérit pas tout, mais elle aide à exister autrement, à humaniser ce que nous traversons.

Nibarka Média : Kalmama, lieu imaginaire du roman, renvoie beaucoup au Gulmu. Est-ce un hommage à votre région ?Jean Sylvanus Ouali :

C’est une façon de saluer mes racines. Kalmama peut désigner tout village du Burkina Faso, et même de l’AES, éprouvé par la crise sécuritaire. Ce village, me renvoie à mes racines en tant que fils du Gulmu. Il possède l’odeur, la mémoire, les reliefs du Gulmu. Je voulais un espace qui parle du Burkina Faso, mais où l’on sent ma terre natale. Cette région m’a formé, elle m’habite. En lui donnant un lieu littéraire, je lui rends un hommage discret.

Nibarka Média : Quel est votre prochain projet d’écritureJean Sylvanus Ouali :
Je travaille sur un prochain texte qui prolonge le regard porté sur notre société. Il s’agira sans doute d’un récit plus intime, mais marqué par notre actualité, nos fractures et nos espérances. J’avance lentement, avec le souci de ne pas écrire pour écrire, mais pour apporter quelque chose de juste. Lorsque les mots s’accorderont, il verra le jour. A côté de ce projet, avance un autre relatif à la traduction du livre actuel en langue nationale « Gulmancéma ».

Nibarka Média : Quel message souhaitez-vous adresser à vos lecteurs ?Jean Sylvanus Ouali :
Je leur adresse ma profonde gratitude. Lire un auteur, c’est lui accorder du temps, de l’attention et de la confiance. Je souhaite que ce roman reste pour eux un espace d’interrogation et de sensibilité. J’invite chacun à continuer de défendre les livres, car ils nous racontent, nous éclairent et parfois nous délivrent. Leur soutien me rappelle que la littérature a encore sa place dans notre pays.

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Avec Quand passeront nos douleurs, Jean Sylvanus Ouali s’impose comme une plume engagée, capable de porter les blessures et les espérances d’un Burkina Faso résilient.
Ses distinctions à la FILO témoignent de la pertinence de son message.
L’auteur prépare de nouveaux projets, dont la traduction de son roman en gulmancéma.Nibarka Média ne peut qu’être satisfait de cette plume du Gulmu confirmée dans le paysage littéraire.

ZAK Nibarka Média

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